Les Africains et leur relation à l’argent : entre tradition et modernité

L’argent, un moyen d’assurer le meilleur pour sa famille… mais qui doit également être partagé avec les personnes qui en ont besoin

Les Africains de la zone subsaharienne francophone perçoivent l’argent avant tout comme un moyen d’assurer le meilleur pour leur famille (91%). Si l’argent est considéré comme étant une ressource qui permet personnellement de profiter des bons côtés de la vie (87%) ou sécuriser son avenir (82%), il n’en reste pas moins pour eux que l’argent doit être réparti et partagé avec ceux qui en ont besoin (90%). Ce rapport à l’argent est globalement assez homogène, quel que soit le pays.

D’une manière générale, la moitié des Africains se qualifient comme étant dépensiers (50%) et l’autre comme étant plutôt économes (50%). Les Sénégalais et les Ivoiriens se définissent cependant plus dépensiers, ce qui n’est pas forcément corrélé avec le revenu moyen perçu.

Les principaux postes de dépenses sont l’alimentation, les boissons (63%), l’habillement, les vêtements (60%) et l’éducation (39%). Contrairement à ce que l’on peut observer dans les pays occidentaux et malgré le fait qu’on soit ici dans des capitales africaines, le logement ne ressort qu’en 4e position (26%).

L’argent est encore principalement conservé sous forme de liquidités… et transite plus marginalement par un compte bancaire

Lorsque les Africains ont de l’argent, la moitié d’entre eux (50%) le gardent avec eux ou chez eux, trois sur dix le dépensent immédiatement (29%) ou encore un sur cinq paient leurs dettes (19%).

L’épargne en communauté, que ce soit la famille, les amis, les tontines ou encore les institutions de microfinance, est assez répandue et est opérée par près d’un Africain sur 4 (23%). Cette pratique est plus développée au Cameroun, Gabon, Burkina Faso, ou en République du Congo (≈35%).

L’utilisation d’un compte bancaire, qu’il soit personnel ou dédié au foyer, pour gérer son argent reste encore minoritaire et touche en moyenne moins d’1 Africain sur 5 (17%). Cette pratique est cependant plus développée au Gabon et au Burkina Faso (34%), pays où le taux de détention d’un compte bancaire personnel est également plus important (27%, 20% vs 14% en moyenne pour les autres pays).

La banque panafricaine Ecobank est leader sur la zone avec une pénétration moyenne de 20% chez les détenteurs de comptes. Elle est très présente au Mali, Burkina Faso ou en République du Congo où elle dépasse même les 30%. En revanche, en République Démocratique du Congo et au Cameroun, elle est devancée par Equity Bank Congo (anciennement ProCrédit BanK) et BICEC (Banque Internationale du Cameroun pour L’Epargne et le Crédit).

La Société Générale (SGBC) est également présente sur la zone avec une pénétration de 7% et une présence plus soutenue au Sénégal, Côte d’Ivoire et Cameroun (environ 15%).

Le reste du marché se répartit entre une multitude d’établissements opérant souvent très localement sur un voire deux pays.

L’épargne et la sécurité sont les principales raisons qui justifient l’ouverture d’un compte

Près de 4 personnes sur 10 déclarent avoir ouvert un compte pour épargner leur argent (43%) ou pour mettre son argent en sécurité (41%), avec quelques nuances par pays comme au Mali et au Burkina Faso où la raison sécuritaire ressort davantage (respectivement 56% et 53%).

Les autres services (versement de son salaire, possibilité d’effectuer des transferts ou de payer en ligne) sont des motivations encore très minoritaires quel que soit les pays (moins de 10%).

Les dépôts et retraits d’argent : principales opérations bancaires réalisées par les Africains qui gèrent leur argent via un compte bancaire Les opérations bancaires se limitent principalement aux retraits et/ou aux dépôts d’argent (72%), et ce globalement quel que soit le pays. Les autres opérations ou services (virements, crédits, suivi des opérations, ou opérations d’assurances) sont des pratiques plus confidentielles.

Les opérations de virement restant très marginales, notamment pour percevoir son salaire (4%), ajouté à un faible taux de possession de carte bancaire (11%), les Africains se déplacent relativement souvent en agence : en moyenne sur l’ensemble des pays, 44% s’y rendent au moins une fois par mois.

Des pratiques qui devraient progressivement évoluer, notamment grâce au développement de l’accès Internet et du taux de possession de smartphone

Ces pratiques devraient progressivement évoluer car la moitié des Africains envisagent d’ouvrir un compte bancaire (50%), ou de prendre une carte bancaire (48%).

On observe par ailleurs des comportements, certes encore confidentiels mais qui émergent comme le fait de se connecter à sa banque en ligne, le plus souvent depuis son smartphone, soit via le site soit via une application : 12%. 8% le font plusieurs fois par mois (base utilisateurs d’un compte).

De même, 31% des internautes ont déjà effectué un achat de produit ou service en ligne, soit 10% de l’ensemble de la population de la zone couverte.


A propos d’Africascope
L’étude Africascope est l’étude d’audience de référence en Afrique Subsaharienne. Le dispositif couvre 9 capitales / 8 pays (Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, République Démocratique du Congo, Sénégal, Congo) soit près de 18,3 millions d’individus âgés de 15 ans et plus. Les interviews sont réalisées en partenariat avec Kantar Insights Division | Francophone Africa & Ghana), en face à face sur tablette auprès d’un échantillon global de 18 000 personnes, représentatif de la population de la zone d’enquête interrogée. Chaque semestre, des modules thématiques renouvelés sont proposés aux interviewés : opinion, Food, la relation à l’argent….Les résultats ici présentés font référence au module “la relation à l’argent” ainsi qu’aux données Africascope.

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