Régionales 2015 : les principaux enjeux

Jamais les sondages n’ont donné des intentions de vote aussi élevées pour le FN. En attendant le verdict dimanche soir, TNS Sofres-OnePoint, en partenariat avec la Lettre de l’opinion, fait le point sur ces élections régionales des 6 et 13 décembre. 

Le 13 novembre, la France retenait son souffle. A quelques semaines du scrutin, les attentats ont mis en suspens les campagnes dans les régions. Et ils vont probablement impacter les résultats des élections régionales qui se dérouleront, pour la première fois de la Ve république, sous le régime de l’état d’urgence.

En attendant le verdict des urnes, TNS Sofres-OnePoint, en partenariat avec la Lettre de l’opinion, fait le point sur ce scrutin des 6 et 13 décembre. Des élections inédites, qui auront lieu dans les 12 nouvelles régions de métropole et dans celle d’Outre-Mer, mais aussi capitales puisque ce sont  les dernières avant la présidentielle de 2017.

L’analyse repose sur deux axes : une analyse électorale qui permet de dessiner le profil politique des nouvelles régions, réalisée par Carine Marcé de TNS Sofres et Jean Chiche, du CEVIPOF, publiée dans l’État de l’opinion 2015, aux éditions du Seuil. Et une analyse des intentions de vote publiées depuis septembre.

Analyse des scrutins de 2012 et 2014

Les résultats électoraux des deux tours de l’élection présidentielle de 2012 et des élections européennes de mai 2014 dessinent le profil politique des nouvelles régions françaises. Un exercice qui donne des points de repère intéressants.

  • Un bloc « Hollande fort » avec 6 régions : la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (57,2%), la Bretagne (56,3 %), la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon (54,7%), l’Île-de- France (53,3%), la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie (53,1%) et enfin la nouvelle Normandie (51,8%)
  • Un bloc du « centre » avec 4 régions où la répartition entre le vote Hollande et le vote Sarkozy est proche de l’équilibre : les Pays de la Loire (51,1% pour François Hollande), la Bourgogne-Franche-Comté (50%), la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes (49,7%) et enfin la région Centre (49,4%)
  • Un bloc « Sarkozy fort » avec 3 régions qui ont voté majoritairement pour lui : la Provence-Alpes-Côte d’Azur (57,6%), la Corse (55,8%) et la nouvelle région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (55,9%).

Scrutins précédents

Pousée du FN dans les sondages

Au-delà cette typologie basée sur les derniers scrutins, la nouvelle dynamique du FN, portée à la fois par la crise des migrants et les attentats, semble modifier les rapports de force sur l’ensemble du territoire. Les derniers sondages montrent ainsi sa poussée dans la totalité des régions. L’issue des Régionales dépendra toutefois du résultat dans quelques régions-clés, dont voici les enjeux.

Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Troisième région française en nombre d’habitants (près de six millions), elle compte 5 départements, dont 4 gérés par la droite, tous conquis lors des dernières départementales. Fief de la gauche sans interruption depuis 1986, ces élections devraient confirmer sa perte d’influence vertigineuse sur des terres où le FN est toujours plus conquérant : plus de 34% aux dernières départementales.

Marine Le Pen est donnée gagnante dans les dix sondages publiés au 1er comme au 2nd tour : 38,25% en moyenne au 1er tour et 40,2% au 2nd tour. Elle devance la liste menée par Xavier Bertrand (30,6%) de près de dix points au second tour du scrutin. La gauche est distancée (29,1%).Devrait basculer au FN.

PACA

Après trois mandats Vauzelle (PS), l’heure est au changement. Le PS a investi Christophe Castaner. Député des Alpes-de-Haute-Provence et maire de Forcalquier, il mène une rude bataille face à Christian Estrosi et Marion Maréchal-Le Pen. Si l’exécutif est à gauche depuis 18 ans, la droite domine en effet les autres instances de la région. Sur les 36 villes de plus de 20 000 habitants, 26 sont ainsi à droite, 8 à gauche, 1 au FN (Fréjus, dont le maire est également sénateur). Sur les 7 départements, un seul est à gauche.

La liste conduite par Marion Maréchal-Le Pen est en tête dans huit sondages sur neuf avec une moyenne de 38,67%, même si son avance face au maire de Nice est plus modeste que celle de Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie : quatre points, soit 34,44% pour Christian Estrosi. La gauche est distancée (27%). Bascule à droite ou au FN.

Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

Plus de 5,5 millions d’habitants, 57 400 km2 pour cette grande région ACAL (soit la superficie de la Croatie et la population du Danemark), fusion de 3 anciennes régions, et qui abrite désormais 5 grandes métropoles de plus de 200 000 habitants -Metz, Nancy, Mulhouse, Reims et Strasbourg (la capitale)- et qui compte 10 départements, dont un seul à gauche (la Meurthe-et-Moselle).

Philippe Richert, président sortant de la seule région aujourd’hui à droite, l’Alsace, mène la liste d’union de la droite et du centre face à Jean-Pierre Masseret (PS). Celui-ci préside quant à lui l’exécutif de la Lorraine. Le FN a investi son vice-président et député européen, Florian Philippot.

ACAL fait partie des 5 régions ou l’union de la droite et du centre est donnée gagnante, mais avec un faible écart : 37,67% pour la droite contre 34,33% pour le FN. Devrait être à droite.

Ile-de-France

Région qui produit le plus de richesses en France (48 400€ de PIB/habitant) et la plus peuplée avec 12 millions d’habitants, soit 18,8% de la population de la France métropolitaine.

A gauche depuis 1998 et présidée par Jean-Paul Huchon, les 209 élus sont ainsi répartis : 142 élus de gauche pour 67 de la droite et du centre. Législatives : 53 députés de gauche, 44 de la droite et du centre.

Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, représente le PS. Valérie Pécresse (battue par 56,7% contre 43,3% en 2010 par Huchon) peut s’appuyer sur les vagues bleues des municipales et des départementales qui ont mis fin à la domination de la gauche. Les Républicains sont désormais à la tête de 54 villes de plus de 30 000 habitants (sur 82) et de 5 départements sur 8 (Paris inclus). Fait partie des 5 régions ou l’union de la droite et du centre est donnée gagnante, mais avec un faible écart : 40,33% pour Valérie Pécresse contre 37,67% pour Claude Bartolone. Devrait basculer à droite.

Auvergne-Rhône-Alpes

Plus de 7,8 millions d’habitants, 12 départements (dont deux à gauche, le Puy-de-Dôme et Ardèche) ainsi que des agglomérations parmi les plus grandes de France : Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand composent ainsi cette nouvelle région.

Président sortant du conseil régional de Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, élu pour la première fois en 2004, année où il avait repris la Région à la droite, brigue un troisième mandat. Laurent Wauquiez, candidat Les Républicains, dispose d’un point d’avance au second tour sur la moyenne des huit sondages publiés : 38% contre 37% pour Jean-Jack Queyranne… Mais les quatre sondages les plus récents les placent à égalité. Incertitude, ballotage favorable à droite.

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