Les scrutins de 2015 : baptêmes, confirmations, divorces, et un enterrement ?

Le Président de la République en a décidé, les départementales et les régionales auront lieu séparément, les premières en mars et les secondes en décembre 2015. Peut-être aurait-il été préférable pour un gouvernement à la peine de regrouper en une seule secousse le risque d’un vote sanction, mais la conduite de la réforme territoriale ne le permettait pas. Il y aura donc quatre tours d’élections en 2015, inédits qui plus est, avec un nouveau mode de scrutin départemental et un nouveau découpage régional.

C’est à la fois l’unité nationale née des attentats de janvier et la cote restaurée de l’exécutif qui vont être mises à l’épreuve. Après la législative partielle de février, les départementales montreront en mars la portée réelle de l’amélioration de l’image du chef de l’Etat. Ces élections seront aussi un baptême du feu pour les nouveaux chefs de partis désignés en 2014, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Christophe Lagarde, et surtout Nicolas Sarkozy. Le nouveau président de “sa famille politique”devra à cette occasion prouver que sa capacité de reconquête des électeurs de droite s’étend au-delà des sympathisants UMP, face à la dynamique du Front National. Pour le parti de Marine Le Pen, dont l’attitude après les attentats n’a pas paru très habile, il s’agira de confirmer en mars, après les cantonales de 2011 et les municipales de 2014, sa capacité à étendre son implantation locale. Le défi est grand, puisqu’il faut trouver dans chaque nouveau canton deux hommes et deux femmes. Cependant le principal rendez-vous demeure pour le FN celui des régionales, où le parti, du fait de la proportionnelle et des triangulaires, peut nourrir de grandes ambitions, y compris de victoires. A l’inverse, si le Front national ne parvenait pas à s’emparer d’une région dans un contexte favorable, cela montrerait qu’il est loin d’être aux portes du pouvoir national.

Le second tour des régionales, c’est aussi le temps des alliances et des fusions. EELV fera-t-il un pas de plus vers la rupture avec le PS, ou se disloquera-t-il sur cette question ? Et que restera-t-il de l’alliance UDI Modem, l’autre gagnante des Européennes, que Nicolas Sarkozy a déjà tenté de dissoudre ? Enfin, le soir du second tour des régionales sera le coup d’envoi de la bataille présidentielle. En l’absence de résultats du gouvernement sur l’emploi et les déficits, les sortant socialistes, faiblement identifiés dans des régions élargies, peuvent connaître un sort plus funeste encore que les maires de leur parti en mars 2014. Que restera-il, fin 2015 de la spectaculaire embellie de la popularité de l’exécutif ? Si le Parti Socialiste est rayé de la carte régionale, la capacité de François Hollande à se représenter en 2017 peut à nouveau être mise à mal.

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