Les Français au travail : un gagne-pain, plutôt qu’une source de contacts humains
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La crise a-t-elle eu des répercussions sur la perception que les Français se font du travail ? Grâce à cet article d’Éric Chauvet, directeur de l’Expertise Management, Stratégies d’opinion, vous connaitrez les représentations que les Français se font du travail, et surtout, comment celles-ci ont pu évoluer. Y a-t-il plus ou moins de Français qui considèrent le travail comme une source d’épanouissement ? La notion de contact humain dans le travail est-elle prégnante pour les moins de 30 ans ? Réponse en lisant la suite !

La crise a changé la donne

Dans le cadre d’un programme d’études sur les Français au travail que nous menons depuis les années 80, nous avons été amenés à demander aux salariés de manière récurrente ce que représente pour eux le travail : un gagne-pain, des contacts humains, du plaisir, de la contrainte, une vocation, de la routine, une forme d’insertion. Par chance, nous avons posé cette question en 2007, juste avant la crise, et de nouveau cette année, en partenariat avec Cap Gemini Consulting.

Qu’est-ce que ces 7 années douloureuses ont changé dans les rapports des Français au travail ? Beaucoup de choses ! Alors qu’en 2007 ils citaient avant tout les « contacts humains » (56%) – ce qui nous distinguait alors des autres grands pays occidentaux – cette représentation positive et chaleureuse a reculé de 12 points en 2014. Le repli est même extrêmement brutal pour les moins de 30 ans, avec une chute de29 points ! Pour cette nouvelle génération, la socialisation n’est vraiment plus l’apanage du travail.

Une représentation qui déprécie

Deuxième représentation qui décroît fortement : « plaisir, épanouissement » (-11 points) n’est plus cité que par un quart des salariés, contre plus d’un tiers en 2007. Le repli de ces deux représentations positives s’opère au bénéfice de deux représentations. Tout d’abord, crise oblige, « Gagne-pain », qui progresse de 11 points sur la période. Si ce score reste – encore ? – inférieur à ce que l’on mesure aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne, il s’en rapproche vivement, avec près de deux salariés sur trois qui le citent. Surtout, cette évocation peu enthousiasmante devient la plus citée, détrônant ainsi les contacts humains. Avec 13 points de citation en plus, « Etre inséré dans la société » connaît la plus forte progression et se classe à présent sur la 3ème marche du podium. Une progression que l’on retrouve d’ailleurs dans les autres pays occidentaux, effet logique de la montée du chômage. Pas de doute : la crise a bien fortement renforcé la dimension utilitaire du travail au détriment de ses dimensions affectives et épanouissantes.

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