Le Front national aux élections départementales : victoire ou échec ?

Au soir du premier tour des élections départementales le 22 mars dernier, la situation semble extrêmement favorable pour le Front national. Avec 25,2% des voix derrière l’UMP alliée à l’UDI (29,5%), le parti de Marine Le Pen n’est certes pas le premier parti de France mais il devance le PS (21,2%) et surtout, il est en capacité de se maintenir dans près de la moitié des cantons au second tour. Progressant sur l’ensemble du territoire, il obtient en outre d’excellents résultats dans ses bastions traditionnels : 38,9% des voix dans le Var, 38,7% dans l’Aisne et 37,4% dans le Vaucluse et fait élire dès le premier tour quatre binômes.

Sur la base de ces résultats, Marine Le Pen déclare rapidement qu’une victoire dans l’Aisne et dans le Vaucluse sont des hypothèses crédibles. Une dépêche AFP annonce même que : « sept départements sont susceptibles d’être remportés par le FN au deuxième tour des élections départementales : le Var, le Pas-de-Calais, le Gard, la Haute-Marne et l’Oise, en plus de l’Aisne et du Vaucluse. »

Mais au second tour, le Front national ne réussit pas à transformer l’essai, il ne remporte aucun département et ne fait finalement élire que 62 conseillers départementaux au total sur les 4108. En duel avec la gauche dans 293 cantons en métropole, il en remporte dix-neuf, passant en moyenne de 32,2% à 41,6%, soit une progression de 9,4 points ; la droite, de son côté, remporte 534 duels sur 537 face à l’extrême droite, le FN passant en moyenne de 31,2% à 36,5%, soit une progression de 5,3% ; enfin, le FN ne gagne que 5 triangulaires et en perd 268, perdant en moyenne près de 3 points dans cette configuration.

Cette progression du Front national dans les duels est toutefois bien en-deçà des résultats observés lors d’élections partielles et sur la base de laquelle les observateurs avaient extrapolé l’hypothèse d’une poussée massive du parti d’extrêmedroite entre les deux tours. Ainsi, lors de la législative partielle du Doubs en février dernier, la candidate du Front national en duel avec le PS avait progressé de 16 points passant de 32,6% à 48,6%, sans parvenir toutefois à être élue.

Si le Front national a finalement raté son second tour, c’est avant tout par une erreur d’analyse fondée sur les résultats des élections partielles qui se sont succédées depuis 2012. Il ne faut pourtant pas s’y tromper : le parti de Marine Le Pen a enregistré d’excellents résultats à ces élections départementales.

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