La laïcité : deux définitions qui s’affrontent

La polémique sur la laïcité qui agite une partie de la gauche n’en finit plus de se durcir. Derrière elle se cache toute la difficulté de répondre à une question dans cette France traumatisée par les attentats de janvier et novembre 2015 : qu’est-ce que la laïcité ?

A cet égard, le deuxième baromètre de la Société inclusive pour la Fédération des PEP (1) apporte des éléments de réponses éclairants, sur ce qu’elle est aux yeux des Français.

Si la laïcité est considérée comme un élément important de l’identité de la France par plus de 8 Français sur 10 (85%), ses contours en revanche semblent flous : pour plus d’un Français sur 4 (26%), la laïcité c’est avant tout assurer l’égalité entre tous les citoyens français sans distinction de religion, tandis que pour 2 Français sur 10 (21%), c’est avant tout permettre la liberté de culte et de conscience y compris celle de croire ou de ne pas croire. Viennent ensuite la perception d’une laïcité qui aurait avant tout pour vocation d’interdire le port des signes religieux dans les lieux publics (10%), de séparer les religions et la politique (10%), de faire reculer l’influence des religions dans la sphère publique (9%), d’assurer la neutralité de l’État (7%), de lutter contre le communautarisme religieux (6%), d’assurer l’égalité entre les religions (6%) et enfin d’interdire le port des signes religieux dans les administrations et bâtiments publics (5%).

Deux définitions s’affrontent et attestent d’une lecture politique de la laïcité. La première est davantage partagée par les Français de gauche, qui déclarent pour plus d’un tiers d’entre eux (34%) que la laïcité est avant tout un moyen d’assurer l’égalité entre tous les citoyens versus 18% chez les Français de droite et 11% chez les sympathisants Front national.

La seconde est partagée de manière plus importante à droite et surtout parmi les sympathisants Front national, qui pour 23% d’entre eux considèrent que la laïcité c’est avant tout interdire le port des signes religieux dans l’espace public, versus 16% à droite et 5% à gauche. À ce prisme punitif s’ajoute le sentiment partagé par près d’un sympathisant frontiste sur 2 (48%)  que personne ne défend aujourd’hui la laïcité, versus, 35% des Français qui partagent cet avis.

Le rapport à l’immigration et à la question des migrants : une lecture politique et territoriale

Alors que plus de 3 millions de migrants devraient arriver en Europe d’ici 2017, moins d’un quart des Français (23%) considère que leur arrivée est une chance pour la France contre 77% qui pensent le contraire, tandis qu’une courte majorité (56%) considère que s’ils y sont accueillis la France représente une chance pour eux. Dans le détail, les Franciliens sont plus nombreux à considérer que l’arrivée de migrants est une chance pour la France (29%, soit 6 points de plus que la moyenne). Concernant l’attractivité de la France, les habitants de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie sont, pour leur part, moins nombreux à considérer que le France représente une chance pour eux (48%, soit 8 points de moins que la moyenne des Français) versus les habitants des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France qui sont respectivement 62% et 59% à le penser.

Si le prisme régional est important, le politique l’est encore davantage. Ainsi si à gauche, près d’un Français sur deux (47%) considère que l’arrivée des migrants est une chance pour la France, à droite cet avis n’est partagé que par 10% des personnes interrogées et par seulement 3% des sympathisants frontistes.

(1) Du 1er au 11 octobre 2015, Baromètre de la société inclusive, vague 2, Fédération des PEP.

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