21 avril 2002 : 14 ans après

En cette journée du 21 avril 2016, revenons sur que ce qui s’est passé il y a 14 ans à l’élection présidentielle de 2002. Au soir du premier tour à 20 heures, la France entière découvre que Lionel Jospin est éliminé du second tour alors que jusqu’au dernier moment personne ou presque n’avait envisagé sérieusement cette éventualité et qu’un duel Jospin / Chirac paraissait être dans l’ordre des choses. La multiplicité des candidatures à gauche a été fatale pour Lionel Jospin : trois candidats d’extrême-gauche, un candidat du Parti communiste mais également la candidature de Jean-Pierre Chevènement et de Christiane Taubira ont rétréci l’espace de celui qui est alors le Premier Ministre de Jacques Chirac. Inversement si Jacques Chirac est également en concurrence avec d’autres candidats de droite, l’absence d’un candidat souverainiste lui offre la première place. Au total, cette élection restera l’élection d’un éparpillement des voix très important avec seulement 36% des voix pour les deux premiers candidats.

Plus précisément, les principaux candidats obtenaient :

  • 19,9% des voix pour Jacques Chirac,
  • 16,9% pour Jean-Marie Le Pen
  • 16,2% pour Lionel Jospin
  • 6,8% pour François Bayrou
  • 5,7% pour Arlette Laguiller
  • 5,3% pour Jean-Pierre Chevènement
  • 5,2% pour Noel Mamère

L’analyse des résultats électoraux par catégories sociodémographiques montre la capacité d’attraction de Jean-Marie Le Pen qui recueille 8% des voix des sympathisants de gauche, 11% des voix des sympathisants de droite hors FN et surtout 25% des voix des personnes qui se déclarent sans préférence partisane.

Mais le plus frappant dans ces analyses sociodémographiques réside dans le très fort effet du « genre » dans le vote du 21 avril 2002 : les hommes ont en effet placé en tête Jean-Marie Le Pen avec 23% des voix devant Jacques Chirac (17%) et Lionel Jospin (14%). Inversement Jean-Marie Le Pen n’arrive qu’en troisième position au sein de l’électorat féminin avec 12% des voix assez loin derrière Jacques Chirac (22%) et Lionel Jospin (18%).

Autant dire que si La France entière avait voté comme l’électorat féminin Lionel Jospin aurait été en mesure de se qualifier pour le second tour et le 21 avril ne resterait pas dans nos mémoires comme celle du « coup de tonnerre de la vie politique ».

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