Le bonheur est-il dans l’assiette ? 1/3

Au pays de la gastronomie, l’alimentation est au cœur de la vie et de la culture, apportant plaisir, partage et savoir-faire. Mais elle est aussi à l’origine d’inquiétudes aussi bien sur la qualité des produits que pour sa santé : mange-t-on bien ? Trop ? Les produits commercialisés sont-ils sains ? De bonne qualité ? L’industrie agroalimentaire est souvent montrée du doigt pour ses abus et son manque de transparence. Scandales de la viande de cheval, des tomates cœur de bœuf, des conditions d’élevage des animaux, du poisson… font la une des médias.

Dans ce contexte, quels sont aujourd’hui les attitudes et comportements des Français à l’égard de leur alimentation ? Quel est le portrait des Français en termes de comportements à l’égard de la prise des repas, de leur perception de leur alimentation, du lien alimentation-santé et de l’offre alimentaire ? Quelles sont les spécificités des Français relativement aux habitants d’autres pays ?

Un modèle alimentaire français atypique qui reste ancré sur trois repas par jour

À l’heure où la mondialisation semble entraîner une certaine uniformisation des modes de vie, les Français se distinguent par un nombre relativement limité de prises alimentaires solides par jour. Ce modèle alimentaire évolue peu, malgré les contraintes liées au monde du travail et à l’éclatement des cellules familiales.

Ainsi sur une semaine habituelle, les Français (1) mangent en moyenne 3,6 fois par jour. Ce chiffre est proche de celui observé en Allemagne (3,7). Par contre, il est inférieur à celui des Britanniques (3,9), des Américains (4,0), des Chinois (4,2), des Espagnols (4,3) et est nettement décroché par rapport aux Russes (4,6) et aux Brésiliens (4,8).

Sur l’ensemble des pays couverts par l’étude, on note que plus la fréquence de consommations solides hors repas est élevée, plus le nombre total de prises alimentaires quotidiennes augmente. Ainsi, si les Français se distinguent par un nombre limité de prises alimentaires, c’est surtout parce qu’ils mangent moins souvent hors repas que les habitants d’autres pays.

À l’inverse, en France, manger au moment des repas est bien établi que ce soit à domicile ou en dehors du domicile. Ainsi, les Français comme les Espagnols se mettent à table très régulièrement au moment des repas, obtenant le nombre le plus élevé de prises alimentaires quotidiennes pendant les repas : 2,8. On peut donc constater de nets écarts avec les Allemands (2,4), les habitants du Moyen-Orient (2,4) et les Américains (2,5) qui enregistrent les chiffres les plus faibles du fait d’une prise irrégulière de certains repas.

Pour les Français, l’alimentation est avant tout du plaisir

Pour 59% des Français, manger est avant tout un plaisir, et pour 34%, il s’agit avant tout d’une nécessité et seulement 7% un moyen de prévenir les problèmes de santé.

Cette perception hédoniste de l’alimentation domine également dans d’autres pays du globe : Allemagne, Chine et Espagne. À l’inverse, la perception utilitariste de l’alimentation s’impose au Brésil, en Russie, aux USA et dans les pays du Moyen-Orient. Les Britanniques sont quant à eux partagés entre les deux pôles.

La vision de l’alimentation comme moyen de prévenir les problèmes de santé est minoritaire dans tous les pays, même si elle obtient les meilleurs scores en Espagne, Chine et dans les pays du Moyen-Orient.

Enfin spécificité chinoise, l’association “bien manger, c’est manger pas cher” concerne 4 individus sur 10 dans l’Empire du milieu (contre 1 sur 5 dans les autres pays)… au point d’apparaître dans le Top 5 des associations au bien manger dans ce pays.

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(1) Études réalisées en France, Espagne, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis ; Russie : villes de plus de 100 000 habitants ; Chine, Brésil et Moyen Orient (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats Arabes Unis, Oman et Qatar) : zones urbaines. Selon les pays, échantillon de 1 000 individus âgés de 18 ans et plus ou 18-55 ans, représentatifs selon la méthode des quotas en termes de sexe, âge, région et catégories socio-économiques. Interviews réalisées online en juin 2012 et/ou avril 2014.

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