La finance participative : une pratique collaborative riche de promesses

Un bar social à Paris, une ferme urbaine à Lyon, un tour du monde en vélo… savez-vous que vous pouvez aider ces projets à se concrétiser ? Comment ? En les soutenant financièrement par le financement participatif. (crowdfunding en anglais).

Cet outil de collecte de fonds met en lien des porteurs de projet et des contributeurs par l’intermediaire d’une plateforme en ligne. Chacun peut ainsi choisir un projet et le soutenir financièrement en utilisant des plateformes généralistes (ex : KissKissBankBank), ou spécialisées (ex : MIIMOSA : projets liés à l’agriculture ; MyMajorCompany : projets musicaux ; Ulule : projets créatifs etc.). Celles-ci rémunèrent leurs services par une commission des sommes récoltées. Les porteurs de projets peuvent ainsi financer la totalité de leur projet ou compléter des sources de financements plus traditionnelles.

Comme les autres pratiques liées à la société collaborative, le crowdfunding suscite l’intérêt des Français : 60% d’entre eux se disent intéressés par ce type de financement, et déjà 13% des Français ont participé au financement de projets sur Internet (21% chez les 18-34 ans)*. Etre utile, et permettre l’accomplissement d’un projet qui leur tient à cœur sont les premières motivations des Français pour financer un projet via ce type de plateforme. Au cœur de la société collaborative, le financement participatif semble donc répondre aux aspirations des Français : faire preuve de solidarité et de partage, donner du sens et créer du lien. Cependant, son utilisation reste encore timide par rapport aux autres pratiques collaboratives.

Quels leviers activer pour maximiser le potentiel du financement participatif ?

Dans un contexte où l’économie collaborative est en plein essor, quels leviers activer ? Tout d’abord, mieux valoriser auprès des contributeurs les récompenses qu’ils recevront en échange de leur participation – contreparties financières ou non dont ils seront les bénéficiaires privilégiés. (Par exemple, dans le cadre du financement d’un film, rencontrer l’équipe de production.) Dans ce type d’économie, les Français sont en effet en recherche de sens, mais aussi de recevoir un avantage plus tangible : gagner de l’argent, faire une bonne affaire, vivre une expérience unique etc.

Par ailleurs, Internet rend possible l’existence de ce nouveau type de financement, mais son utilisation peut aussi limiter son potentiel. En effet, les Français n’ont pas encore tous confiance dans le paiement par Internet : confier son argent via une plateforme en ligne peut donc générer des craintes et freiner son utilisation. Pour lever ce frein, banques et assurances pourraient apporter leur expérience et légitimité sur le marché financier et de couverture des risques, en choisissant, par exemple, de devenir caution d’une plateforme de financement participatif. Il s’agirait alors d’un véritable facteur de réassurance auprès du grand public.

Des leviers sont donc activables pour aider le financement participatif, encore émergeant aujourd’hui, à se développer davantage. Une source d’opportunités à la fois pour les entrepreneurs, les particuliers, et les entreprises.

Pour agir dès aujourd’hui, quel projet seriez-vous vous-même prêt à lancer ou à financer par ce type de plateforme ?

Voir aussi l’infographie : Les Français et la nouvelle société collaborative.

 


* Source : Etude KANTAR TNS pour Monabanq “Les Français et la nouvelle société collaborative” – avril 2016

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