Manuel numérique à l’école : en progrès, peut mieux faire !

Dominique Mézière, Directeur Innovation et Compréhension des marchés au sein de la Business Team Finance & Services de TNS Sofres, fait le point sur l’usage du numérique à l’école en s’appuyant sur les résultats d’une étude réalisée pour Savoir-Vivre en avril-mai 2014.

L’usage du numérique à l’école ne progresse pas aussi vite que dans la société. De plus, comparée à de nombreux pays européens, en particulier à ceux de l’Europe du nord, la France accuse un retard dans l’équipement numérique des établissements scolaires du premier et du second degré.

Tout en restant très inégal, l’équipement progresse en France et permet un développement significatif de l’usage des manuels numériques en classe. 29% des professeurs utilisent les manuels numériques, pour 16% il y a trois ans. On note à la fois une progression importante de leur usage dans les matières scientifiques – il dépasse désormais leur usage dans les disciplines « documentaires » (Histoire-géographie, SES) – et une forte poussée de leur usage en langues vivantes et, dans une moindre mesure, en français. Le primaire accuse toujours un retard sur le secondaire (35% des enseignants des collèges et lycées utilisent le manuel numérique contre 20% en primaire).

Les usages collectifs du manuel numérique en classe sont la norme et les usages individuels l’exception : parmi les professeurs utilisateurs de manuels numériques, 7% de leurs élèves sont équipés individuellement sans forcément en faire usage à leur domicile.

Comme en 2011, les enseignants identifient les mêmes freins au déploiement du numérique – en particulier, en dehors des moyens alloués insuffisants, le manque de formation à l’usage des ressources numériques. Seulement la moitié des enseignants a été formée aux usages du numérique. Ce qui confirme le retard français dans ce domaine comparé aux instituts de formation étrangers qui accordent une place importante à l’usage des TICE.

Mais le manuel numérique améliore-t-il la pédagogie ? Pour les enseignants, le manuel numérique constitue un avantage en matière d’observation et de découverte, d’entraînement collectif. Il joue également un rôle important pour capter efficacement l’attention de toute la classe. C’est moins le cas pour ce qui est de l’entraînement individuel, la mémorisation, la révision ou la pratique de la pédagogie différenciée, même si, par ailleurs, ils lui reconnaissent une qualité égale au manuel papier en terme de contenu. Papier et numérique devraient donc coexister avec une affirmation de leurs spécificités. D’ailleurs, très peu nombreux (12%) sont ceux qui souhaitent la disparition du manuel papier.

Si désormais beaucoup de manuels proposent des niveaux d’interactivité et de personnalisation élevés, le futur du numérique se doit de penser à leur usage par l’élève tout autant que par l’enseignant, au-delà de la question de l’effort d’équipement individuel lui-même. Comment faciliter ce déploiement et l’individualisation des apprentissages ? Et pour quels bénéfices en termes de résultats scolaires ? Améliorer la réussite scolaire et réduire la part de ceux qui décrochent du système, c’est aussi à cette aune que sera jugé le succès du numérique éducatif.

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