Grands groupes et start-up : un mariage de cœur mais aussi de raison

Dans un environnement plus favorable à l’innovation et où les initiatives et les acteurs se multiplient pour en favoriser le développement, jamais le rôle des créateurs de start-up n’a été aussi important.

Inventeurs, conquérants ou bâtisseurs, les créateurs partagent plusieurs traits communs (1) : ce sont très majoritairement des hommes, de solides diplômés, ayant en moyenne 35 ans lors de la création de leur entreprise et environ 10 ans d’expérience professionnelle, le plus souvent dans des fonctions dirigeantes. Ils sont passionnés, savent prendre des risques et se réinventer en permanence.

La majorité des dirigeants de start-up misent sur les réseaux pour obtenir des conseils et s’échanger services et bonnes pratiques : 6 dirigeants sur 10 font partie d’un cercle ou d’une association d’entrepreneurs ou de créateurs.

Plus largement, les réunions favorisant les rencontres entre start-up et investisseurs se sont multipliées au cours des dernières années. Fait assez récent, les grands groupes s’intéressent désormais à l’écosystème des start-up. Et les start-up elles-mêmes voient dans l’alliance avec les grands groupes une opportunité d’accélération de leur développement. Ainsi 47% d’entre elles ont développé un partenariat avec un grand groupe (2).

Globalement, les dirigeants de start-up expriment des attentes en matière de financement, notamment en capital. Mais ils attendent également d’un grand groupe qu’il les aide à gagner en notoriété, en visibilité et en légitimité par la caution qu’il peut leur apporter en tant que partenaire reconnu. Manière pour les start-up de multiplier les débouchés commerciaux, de disposer de locaux ou de bénéficier de conseils et de l’accompagnement d’un mentor.

Que les dirigeants de start-up aient ou non développé un partenariat, la plupart s’accorde pour dire que sur ces questions, les réponses apportées par les grands groupes sont partielles. Il reste donc beaucoup de travail aux grands groupes pour donner davantage de contenu au “mariage” des deux structures.

Plane sur ce type de partenariat un risque d’asymétrie. L’important est que chacun trouve un intérêt mutuel à développer de concert leurs business sans mettre à mal ce qui d’un côté fonde l’ADN des jeunes pousses (vitesse, flexibilité, transgression des codes, croissance rapide, cohésion d’équipe) tout en permettant aux grands groupes de gagner en agilité, de suivre le rythme effréné de l’innovation, et de trouver des relais de croissance à moyen et long terme.

Conserver souveraineté et dynamisme dans les start-up, insuffler l’esprit start-up dans les grandes organisations, c’est tout l’enjeu d’une collaboration bien comprise.


(1) Enquête TNS Sofres quali-quanti réalisée en 2013 pour l’Atelier BNP Paribas (17 entretiens, échantillon de 200 start-up de tous secteurs ayant au maximum 8 ans d’existence).

(2) Enquête TNS Sofres 2015 pour Butagaz auprès de 140 start-up de tous secteurs ayant au maximum 5 ans d’existence.

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